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Guide — Arrêté de péril

Arrêté de mise en sécurité : comprendre ses effets sur une vente

Un arrêté de mise en sécurité intervient lorsqu'un immeuble ou une partie d'immeuble présente un risque pour la sécurité des occupants ou des tiers. Il fixe des mesures et un cadre administratif qui doivent être examinés avant toute vente. Ce guide distingue la procédure, les obligations attachées au bien et les vérifications à mener avec le notaire, sans se substituer à un examen de votre dossier.

Balcon ancien soutenu par des étais et protégé par une barrière provisoire.

À quoi correspond un arrêté de mise en sécurité ?

La mise en sécurité relève de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, codifiée aux articles L511-1 et suivants du Code de la construction et de l'habitation. Elle vise notamment les risques liés à des murs, bâtiments ou édifices qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires à la sécurité des occupants ou des tiers. D'autres situations peuvent relever du même régime : la qualification exacte ne se déduit pas du seul mot « péril » figurant dans un courrier ou un document ancien.

La procédure peut être déclenchée par un signalement d'un occupant, d'un voisin ou d'un agent de la collectivité. L'autorité compétente — le maire ou, selon les cas, le président de l'EPCI — peut faire procéder aux visites utiles et faire établir un rapport de situation. Le propriétaire ou le titulaire de droits réels est la personne appelée à répondre de la procédure, sous réserve des cas particuliers prévus par les textes, notamment en copropriété.

Procédure ordinaire et procédure d'urgence : une distinction essentielle

Dans la procédure ordinaire, le rapport de situation est mis à disposition de la personne tenue d'exécuter les mesures. Une phase contradictoire lui permet de présenter ses observations avant que l'arrêté ne soit pris ; les occupants sont informés de l'engagement de cette procédure. En copropriété, lorsque les travaux concernent les parties communes, le syndicat des copropriétaires représenté par le syndic intervient dans les conditions prévues par le Code.

En présence d'un danger imminent, l'autorité compétente peut recourir à une procédure d'urgence et prescrire les mesures indispensables sans phase contradictoire préalable. Cette distinction est importante car elle modifie la chronologie des droits et obligations du propriétaire. Il faut lire l'arrêté, sa notification et les rapports auxquels il renvoie plutôt qu'appliquer une règle générale à tous les immeubles concernés.

Quelles mesures l'arrêté peut-il imposer ?

Selon les circonstances, l'arrêté peut prescrire des réparations ou d'autres mesures propres à remédier au danger, y compris pour préserver la solidité de bâtiments contigus. Il peut également prévoir une interdiction temporaire ou définitive d'habiter, d'utiliser ou d'accéder aux lieux, voire une démolition dans les conditions strictes prévues par la loi.

L'arrêté fixe le délai de réalisation des mesures et précise les conséquences d'une inexécution. Le maire peut, dans les cas prévus, faire procéder à l'exécution d'office et une astreinte peut être décidée. Ces effets administratifs concernent le bien indépendamment de toute intention de vente : ils ne disparaissent pas du seul fait qu'un propriétaire engage une transaction.

Ce que le vendeur doit vérifier avant une vente

La vente d'un immeuble sous arrêté de mise en sécurité ne se traite pas comme une vente ordinaire. Le vendeur doit communiquer à l'acquéreur les informations qu'il détient et dont l'importance est déterminante pour son consentement. L'arrêté, ses mesures, les travaux prescrits, les interdictions éventuelles, les notifications et les échanges avec l'autorité compétente doivent donc être examinés dans le dossier, avec le notaire.

Il ne faut cependant pas en déduire que toute vente serait automatiquement interdite ou, à l'inverse, toujours possible sans précaution. Les modalités de la transaction, la situation administrative à la date de l'acte, les obligations encore en cours et les droits des occupants dépendent du dossier. Le notaire vérifie les conséquences civiles et administratives utiles à la rédaction de l'acte.

Mainlevée : quand l'arrêté prend-il fin ?

Lorsque les mesures prescrites ont été réalisées et que leur achèvement est constaté par l'autorité compétente, un arrêté de mainlevée peut être pris. La mainlevée est un acte administratif distinct : elle ne doit pas être confondue avec la simple réalisation alléguée de travaux ni avec une appréciation privée de l'état du bâtiment.

Une mainlevée ne dispense pas d'examiner les autres informations utiles à la vente, les diagnostics applicables et l'historique administratif du bien. Elle doit être vérifiée dans sa version exacte et rapprochée des mesures initialement prescrites dans l'arrêté.

Quels documents réunir pour l'examen du dossier ?

Pour un rendez-vous avec le notaire ou un professionnel compétent, il peut être utile de réunir : l'arrêté et ses notifications, le rapport de situation ou d'expertise, les justificatifs des travaux réalisés, les échanges avec la mairie ou l'EPCI et, le cas échéant, l'arrêté de mainlevée. La liste exacte dépend de la situation et ne constitue pas une demande à transmettre lors d'un premier contact.

Si vous souhaitez explorer la possibilité d'une vente du bien entier en l'état, le premier échange porte seulement sur la catégorie générale de situation, le type de bien, la commune, le code postal, le prénom et un moyen de contact. L'étude d'un achat éventuel reste distincte de la validation juridique et notariale du dossier, qui doit être conduite séparément.

Vos questions

Des réponses,
sans raccourcis.

Un arrêté de mise en sécurité empêche-t-il toujours de vendre ?

Non, mais il n'autorise pas non plus une vente sans précaution. La possibilité et les modalités d'une vente dépendent du contenu de l'arrêté, de son état d'exécution, de la situation des occupants et des règles applicables au dossier. Le notaire doit vérifier ces éléments avant la rédaction de l'acte.

La vente transfère-t-elle automatiquement les travaux imposés à l'acquéreur ?

La seule vente ne permet pas de présumer la disparition ou le transfert automatique des obligations administratives. Il faut examiner l'arrêté, les personnes tenues d'exécuter les mesures et les clauses rédigées par le notaire. Une clause de la transaction peut attribuer la charge des travaux, mais cela ne suffit pas à modifier les effets de l'arrêté vis-à-vis de l'administration.

Quelle différence entre procédure ordinaire et procédure d'urgence ?

La procédure ordinaire comprend une phase contradictoire permettant à la personne tenue d'exécuter les mesures de présenter ses observations avant que l'arrêté ne soit pris. En cas de danger imminent, une procédure d'urgence peut permettre de prescrire les mesures indispensables sans phase contradictoire préalable. La qualification dépend du dossier et des textes applicables.

Quand la mainlevée est-elle prononcée ?

La mainlevée intervient lorsque l'autorité compétente constate la réalisation des mesures prescrites et leur date d'achèvement. Elle doit être matérialisée par un arrêté de mainlevée distinct, à vérifier dans le dossier et à rapprocher des mesures initialement prescrites.

Faut-il envoyer l'arrêté lors d'un premier contact ?

Non. Un premier contact ne collecte aucun document. Les pièces utiles — arrêté, rapport, justificatifs de travaux — peuvent être réunies ensuite pour l'examen adapté du dossier, notamment avec le notaire.

Faisons le point

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